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Chéri, j’ai perdu mon putting : les 7 actions pour le retrouver…

Une histoire de la confiance en soi avec une petite balle !


Nous allons parler de golf, mais ce n’est qu’une parabole. Si vous n’êtes pas familier avec ce sport, ne vous inquiétez pas, vous comprendrez ce qui suit. Au final, c’est une histoire sur la confiance en soi, l’estime de soi, et sur comment travailler quotidiennement sur ces sujets.


préparation mentale Golf

Il y a quelques mois, deux clients ont fait appel à mes services pour la préparation mentale au golf. J’étais motivé par le sujet, ce sport étant une vieille passion. Quelques compétitions amateurs m’avaient bien fait comprendre à l’époque que, si un sport est mental, c’est bien le golf.

Tranquillement, un dimanche après-midi dans votre club, vous rentrez les balles dans le trou. Et le jour d’une compétition, cela ne rentre pas… Quelle différence y a-t-il ? Le mental. Mais le problème du mot "mental" est qu’on l’utilise à toutes les sauces, et à force, il n’a plus de signification.


Pour comprendre, il faut décortiquer tout cela. Brooks Koepka, pro du PGA Tour et gagnant en 2017, disait : « Le golf, c’est dingue. Quand on gère, on a l’impression que ça ne changera jamais. Et c’est pareil quand on est mauvais, cela ne changera jamais. Et c’est ce que je ressens maintenant. »


Pourquoi l’athlète se bloque-t-il à ce point-là dans certaines circonstances, même des stars comme ce professionnel du golf, Brooks Koepka ? Cette résistance m’a poussé à ressortir mes clubs de golf poussiéreux du fond du garage après plus de 20 ans. Certains éléments expliqués par mes clients m’échappaient, alors je vais le vivre. Je vais vivre l’expérience de croire que je deviens quelque chose avec un certain niveau (tout étant relatif :) ). Mais il est arrivé ce qui était prévu, à un moment pivot, la chute. Plus rien ne rentre... les échecs se succèdent. J’ai la conviction du vide, j'ai perdu une compétence. C’est CERTAIN, c’est perdu. D’où le titre, j’ai perdu mon putting, dans le sens où je perds mes compétences dans certaines circonstances comme une compétition et je "me bloque" sur le sujet et le renforce moi-même.


Ces sujets me passionnent. Thérapeute à Nyon, je travaille sur divers sujets liés au stress. La puissance de notre cerveau, qui peut être notre meilleur allié ou pire ennemi, est fascinante. Encore une fois, pour le non-golfeur, vous comprendrez tout cela comme une parabole de la confiance en soi. Si votre sujet est la prise de parole, l’affirmation de soi, etc., la recette de cuisine est la même. Pour le golfeur comme pour tout sport amateur, c’est une très belle parabole de la vie que nous pouvons copier/coller dans notre cadre personnel, professionnel, etc., lors de défis, de conflits et de capacité à la résilience.


Jack Nicklaus : « Le golf est 90 % mental et 10 % physique »



Le putting me semble être l’aspect le plus mental de toutes les activités golfiques. C’est peut-être le moment où ce que nous réussissons 1000 fois à l’entraînement échoue en compétition. Mon expérience au putting m’a fait vivre quelque chose d’intéressant… Je croyais avoir un certain niveau et un jour, j’en ai raté 3 d’affilée et pas au bon moment. Et là s’est installé en moi ce sentiment de perte, comme un objet, comme une paire de clés. J’ai perdu mon putting. J’avais perdu ma confiance en moi sur ce geste. En perdant ma confiance en moi, le doute a entraîné un mouvement hasardeux, comme piloter un avion sans être certain que ce dernier répondra aux commandes. Je ne sais plus rien, je ne contrôle plus… Je ne suis plus ancré dans mon corps.


Donc, en tant que thérapeute sur le sujet du stress, j’ai tout arrêté et pris une feuille et un stylo… Ma confiance en moi se base d’abord sur mon estime de moi… et je dois revoir cette base.


ESTIME DE SOI

Estime de soi ou qu’est-ce que je vaux, quelles sont mes valeurs. On va arrêter d’utiliser des mots vagues. Statistiquement, je vaux quoi vraiment sur cette activité.


Niveau 1 : Connaître ses stats… Connaître son vrai niveau

Sur 10 putts, combien en mettez-vous dans le trou à 1 m, 2 m, etc. ? Combien sont réussis ? Imaginons que vous me disiez 6/10 à 1 mètre… Lorsque vous en loupez un, ne soyez pas en colère ou décontenancé… Vous venez d’effectuer une opération qui a une probabilité de 60 % de réussite, acceptez les 40%. Donc, vous ne refusez pas chaque coup. Comme un trader qui fait des opérations, un pêcheur qui jette ses lignes… 1 sur X seulement donnera un résultat positif.

Notre cerveau a la capacité de garder en mémoire une expérience particulière et dans ce jeu amateur, nous nous souvenons de notre meilleur coup… Et nous en faisons une référence. En programmation neurolinguistique, nous traitons ce type de sujet. Notre cerveau traite l’information sous différentes formes, dont le fait d’être sélectif (se rappeler de certains coups) et la distorsion (nous transformons la réalité…).


L’autre élément sur notre perception du niveau est le niveau des autres. Et en particulier des pros que nous regardons. Nous regardons d’abord ceux qui passent le cut et le journaliste mettra en lumière les beaux coups pour maintenir son audience. Mais les statistiques parlent et vous feront revoir quel est le niveau des pros. À 1m82 (6 feet), en moyenne, un pro au PGA Tour réussit à 71 % des cas seulement ! Et à 3 mètres, uniquement 40 %. C’est loin de ce que vos yeux et votre cerveau reçoivent comme information. Sur 18 trous, combien de putts, ce sont vos stats et travaillez comment réduire ce nombre.


Niveau 2 : Connaître ses stats dans différentes circonstances

Faire du putting sur un tapis est une chose, mais lorsque c’est dans la réalité, pas plat, longueur de l’herbe, direction de l’herbe, pluie, etc., tout cela sont des facteurs qui mettent vos statistiques à un autre niveau. Le contexte environnemental a une importance tout comme l’enjeu, mais aussi les interactions humaines. Quand deux personnes toxiques sont à côté de vous, quel impact cela a-t-il sur vous ? Cela ne vous parle pas ? Et en voiture, si je vous "colle", cela aura-t-il un impact sur votre sérénité ? Pour certains oui et d'autres non.


Exercice : Quand vous vivez un bon coup, vivez-le. Prenez le temps de ressentir ce qui se passe dans votre corps. N’ignorez pas la partie corporelle de la gestion de nos émotions. Vivez ce qui se passe dans votre corps (vague de détente, facilité à respirer, épaules légères) et tentez de le mémoriser. Nous réceptionnons notre stress dans certains endroits de notre corps, mais aussi nos joies de victoire. Étudiez ces moments en vue de reproduire cette sensation. Cet état pourra être le sujet d’un ancrage et faire partie de la visualisation positive. Vous comprenez que vous devez chercher un état physique et mental à un moment donné qui vous pousse à être loin de cet état.


Niveau 3 : L’enjeu

Ne pas faillir devant l’enjeu, mais rester dans le jeu. C’est encore une fois un effort mental, un exercice mental pour se mettre dans le cadre du jeu avec deux copains alors que la situation est sérieuse.



CONFIANCE EN SOI : L’action

On définit bien le stress car il y a la perception de la situation : comment est le green, où en suis-je côté points, quelle compétition. Et ma perception de mes ressources pour y faire face. Bref, il y a le stresseur (mettre la balle dans le trou, voir une araignée ou se faire attaquer) et notre perception de la difficulté de la situation.


Les 7 actions :


1. Connaître mes vraies statistiques et donc accepter mes probabilités d’échec

Quand cela arrive… c’était prévu. Put long de 10 mètres, j’ai 40 % de réussite. Donc je vise un cercle imaginaire près du trou plutôt que le trou. Ainsi, j’attaque une stratégie à 2 coups. Deux avantages : 1. je suis proche du trou et 2. je garde un état d’esprit positif car les choses sont sous contrôle, j’arrive à faire ce que je veux. Et donc j’attaque mon deuxième putt avec un état d’esprit adéquat.


2. Train hard, race easy

Expression connue dans de nombreux sports, vous pouvez aussi l’appliquer ici. Faites vos entraînements dans des conditions de compétition, voire pire. Lancez des défis entre amis. Tiger Woods disait que lors de ses entraînements, il s’imaginait au 18e trou d’Augusta. Mettez cette pression pendant certains entraînements. Il y a toujours cet entraînement technique, mais il est nécessaire de faire ce que j’appelle des entraînements de performance. Si je mets 4 balles et que je vise un point à 2 mètres et le fais 6 fois (donc 24 coups d’affilée), à la fin j’aurai calibré mon coup pour avoir une certaine probabilité de réussite. Mais sur le parcours en compétition, je ferai mon putt juste après un coup de fer ou un sand wedge. Toute comparaison est impossible. Profitez des mauvais jours et des mauvaises circonstances pour vous exercer à revenir à un bon résultat. Oui, nous parlons de résilience. Je suis perdant et « en retard de X points » et je fais tout pour remonter. C’est la plus simple définition d’un champion.


3. Développer en amont par l’imagerie mentale

et la technique pour accéder au bon état d’esprit et au relâchement physique. J’utilise cette technique dans de nombreux cas : musiciens, cadres pour la prise de parole et sportifs dans des sports d’adresse.


4. Une routine mentale

Une routine technique peut sembler nécessaire pour certains, et une routine mentale peut être rajoutée. Trop de routine amène le freezing. Il y a un moment où la routine trop longue vous amène à vous bloquer dans cette phase, comme un cheval qui refuse l’obstacle. Mettez un nombre de répétitions maximum. Par exemple, pour moi, je fais 2 routines techniques, puis 2 routines mentales. Durant ces deux dernières, j’oublie la technique. Celle-ci doit venir avant et je cherche le lien avec mon corps, ainsi qu’un niveau de détente musculaire. Je dois le faire pendant mes entraînements pour que cela fonctionne en compétition.


5. Visualisation du coup avant le mouvement actuel


J'imagine le contact du club, le bruit du contact sur l’herbe, et le bruit au contact du sol). Lors de la routine technique, je ne parle pas d’imagerie mentale ou de visualisation positive, mais simplement du fait de s’imaginer le coup.





6. Ma petite phrase

Je n’aime pas utiliser le mot mantra car c’est un terme qui relève du spirituel et ce n’est pas le cas ici. Votre petite phrase interne peut aussi être un marqueur de votre ancrage. Personnellement, j’en ai une : « Elle va rentrer car c’est tout simplement mécanique. » Un objet droit (le putter) va taper de manière rectiligne une balle ronde. Il y aura une certaine force et une certaine direction. Au final, ce n’est que mécanique. Je me suis amusé à faire pendant 2 semaines l inverse et dire "je suis nul et je ne vais pas y arriver", mes statistiques sont claires sur le pouvoir de notre communication interne.


7. J’accepte les bons jours et les mauvais.

Et je ne commence pas à tirer des conclusions définitives sur une de mes actions car j’ai eu un mauvais jour. Nelly Korda peut en parler : « a bad day in the office » en faisant 10 coups sur un par 3 au LPGA Tour.


Cette règle est importante dans votre vie, que ce soit lors d’une conférence, en cas de défaillances physiques à un moment donné, etc. Ne vous imposez pas de règles arbitraires. Il y a des aléas.


Si vous avez des questions ou des commentaires, je me ferai un plaisir d’y répondre.





Marco PAONESA


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